1966-2016:  50 ans de coopération internationale

La Fédération genevoise de coopération (FGC) célèbre cette année ses 50 ans d’engagement dans la coopération internationale. Selon les déclarations de son président René Longet, cet anniversaire sera l’occasion de  « fêter le succès d’un monde de gouvernance qui est toujours d’actualité après un demi-siècle ».

 

A cette occasion, nous vous présentons cette institution genevoise qui est devenue au fil du temps pour Caritas Genève, désormais SeCoDév, ainsi que pour ses nombreuses associations membres et pour les collectivités publiques genevoises, un partenaire incontournable.

 

 

Fiche d’identité de la FGC

 

La FGC regroupe une soixantaine d'associations actives à Genève dans la solidarité internationale, la coopération au développement et la sensibilisation et l'information du public sur les relations Nord-Sud. Elle est le partenaire privilégié de nombreuses collectivités publiques genevoises désireuses de s'engager dans la coopération au développement.

 

Pour ce faire, l’organisation travaille depuis 1966 avec ses associations genevoises et leurs partenaires au sud, la collaboration étant un de ses principes essentiels. Ceci du fait que la coopération n’est pas un simple transfert de fonds ou de techniques à sens unique, sinon un courant d’échanges de toutes natures entre partenaires, qui doit favoriser une prise de responsabilités par les populations elles-mêmes. Ses partenaires contribuent à lutter contre les inégalités dans le monde, à améliorer la liberté de choix des sociétés et des peuples dans leur construction d’un mieux-être économique, social et culturel.

 

 

L’idée c’est pouvoir apporter des solutions en termes d’éducation, santé, agriculture durable etc… en fonction de la priorité des pays.

 

 

Ses objectifs

 

L’ambition première de la Fédération est d’être un regroupement actif autour de ces principes fondamentaux, de valeurs essentielles et d’une vision auxquels s’identifient des approches très variées et complémentaires, remplissant le rôle d’un réseau.  Ainsi, elle cultive avec équilibre la diversité des démarches, individuelles et institutionnelles.

 

De fait, la FGC n’a pas la vocation de mettre en œuvre directement un programme au Sud dans le sens d’autres institutions de coopération internationale, puisque  son lien opérationnel avec le terrain se fait en premier lieu par ses associations membres. Son engagement en Suisse permet à des individus et groupes de sensibilités diverses, aussi au-delà des milieux traditionnellement proches de la solidarité internationale, de se rejoindre et de s’identifier à la coopération au développement.

 

Si sa vocation première reste de mobiliser des fonds publics pour ses associations membres et d’assurer la bonne réalisation d’une multitude de projets, elle assume aussi un autre rôle central dans le contexte régional: celui de sensibiliser la population genevoise à des enjeux essentiels pour le futur. Sa valeur ajoutée est de constituer un mouvement de plaidoyer et un moteur de réflexion, un rassemblement d’initiatives citoyennes qui s’insère dans la tradition de la Genève et de la Suisse solidaires.

 

Ses activités courantes et pour le 50ème

 

L’organisation déploie diverses activités d’échanges et réflexion et de formation, lors desquelles les associations membres se rencontrent de manière informelle autour de thématiques qui leurs sont d’intérêt. Des réunions d'échanges sont conçues pour aborder à la fois des questions internes et des sujets issus des pratiques et expériences des AM.  Ainsi la FGC propose des activités publiques et des publications thématiques liées au développement. Pour fêter ces 50 ans, la FGC a organisé divers événements tout au long de l’année. Ces activités ont pour objectif de faire le bilan de ce demi-siècle de coopération internationale, de sensibiliser le public à la solidarité internationale et d’encourager son engagement pour un développement durable dans les pays du Sud tout en réfléchissant aux défis actuels et futurs.

 

« Dans la peau du monde » : les jeunes s’engagent

 

C’est justement pour promouvoir ces différentes thématiques que la FGC produit le spectacle « Dans la peau du monde », créé spécialement pour l’occasion. C’est une troupe de théâtre composée  de jeunes talents qui, tout en jouant, dansant et chantant font résonner des histories de vie d’ici et de là-bas. Notamment en se mettant à la place des plus démunis pour ouvrir un espace de prise de conscience face aux injustices de ce monde, et permettant de tisser un lien solidaire entre le Nord et le Sud.

 

Cette jeunesse à fleur de peau s'engage pleinement sur scène pour éveiller d'autres adolescents aux valeurs citoyennes et pour dessiner les contours d'un monde plus positif.

Des questionnements essentiels sont ainsi abordés qui ne peuvent laisser le public indifférent.

Aujourd'hui, plus que jamais, il est important de se réunir pour parler des valeurs qui font notre humanité et qui donnent confiance en la société de demain. Le besoin de reconnaissance vient dès la naissance et chaque être humain devrait avoir un « rôle » à jouer dans ce monde et une « scène » pour exister. Et pourtant, ce respect fondamental de la vie est encore bien souvent méprisé. Du nord au sud, des personnes et des associations s'engagent pour que les plus pauvres puissent trouver une place pour vivre dans la dignité. Dans la peau du monde dénonce les inégalités, mais cherche aussi à décliner le thème de la solidarité au présent et au futur.

 

 

Une approche à la FGC, ses projets et à sa secrétaire générale Maribel Rodriguez

 

  1. Pourriez-vous nous citer trois ou quatre spécificités qui font de la FGC une organisation à part ?

 

La première d’entre elles est à l’origine de la création de la FGC, c’est la volonté de mettre en commun les compétences des nombreuses associations membres. En effet, la synergie entre les différentes ressources constitue une force (connaissances spécifiques, ressources financières).

 

La seconde réside dans l’analyse des projets proposés par les associations. Celle-ci se veut pédagogique et ouverte aux différents points de vue dans l’optique d’aboutir à des projets co-construits et plus qualitatifs.

 

Gage de qualité et socle commun aux 60 associations de la fédération, le label FGC permet aux différents membres de se réunir autour d’une valeur commune malgré leur grande diversité.

 

 

  1. Pourriez-vous nous donner un aperçu des principales réussites de la FGC ? 

 

Instrument novateur au niveau international, le Fond drogue et développement (aujourd’hui repris par le Bureau de la solidarité cantonale). Il permet, à Genève, d’affecter l’argent du trafic de drogue à la prévention des dangers de la drogue, à la mise en place de projets de développement ainsi qu’à la recherche d’alternatives destinées aux agriculteurs produisant la drogue.

 

La deuxième grande victoire est l’adoption de la loi0,7 suite à une forte mobilisation de la FGC aussi bien au niveau cantonal que fédéral. En effet, cette loi oblige l’Etat Suisse à consacrer 0.7%du budget de fonctionnement de l’Etat au financement de la solidarité internationale.

 

En dernier lieu, l’utilisation du modèle original de la fédération dans 6 autres cantons ainsi que sa validation par la confédération témoignent de l’utilité et de l’efficacité de la politique de solidarité locale en Suisse.

 

 

 

  1. Quelles sont les conseils que vous donneriez à une association qui souhaiterait se lancer dans la coopération au développement aujourd’hui ?

 

Il existe aujourd’hui plus de 300 ONG sur Genève, il serait donc judicieux de s’interroger sur l’utilité marginale d’une nouvelle association ou de la contribution pouvant être apporté à une des association existante.

L’un des enjeux principaux est de s’assurer de connaitre les besoins et priorités des populations locales, et d’y répondre au fil de la collaboration.

Il demeure également important de se demander dans quelle mesure ce partenariat nord-sud peut-il concrètement être à l’origine d’un enrichissement pour chacune des parties de ce projet qu’il soit du nord ou du sud.

 

  1. Quelle est votre vision de l’avenir de la FGC et ses prochains défis ?

 

Nous devrons veiller à consolider notre autocritique, notre capacité à nous remettre périodiquement en question et nous interroger sur la valeur ajoutée qu’apporte la FGC.

 

Avec la prise en compte des objectifs de développement durable, nous devons faire face et collaborer avec de nouveaux acteurs tels que l’académie ou le secteur privé, une bonne complémentarité est donc primordiale dans un environnement de plus en plus complexe.

 

De nouvelles problématiques globales telles que les changements climatiques ou la migration internationale sont désormais intégrées par la FGC.

Nous veillons également à ce que les jeunes soient sensibilisés et s’investissent dans la coopération internationale afin de former la relève.

 

  1. Quelle était votre plus grande appréhension avant de prendre ce poste ?

 

Ma plus grande appréhension était bien évidemment de parvenir à combiner la très grande diversité que constituent les 60 ONG membres de la FGC, étant donné les différentes façons d’aborder les problématiques de coopération. Mon souci, tel qu’il a été durant les 50 années d’existence de la FGC, est de continuer à faire de cette diversité une vraie force

 

  1. Enfin, quelle est votre plus grande satisfaction à la tête de la fédération ?

 

A mon arrivée en 2013 au poste de secrétaire générale de la FGC, les financements cantonaux venaient de connaitre une baisse alors que les demandes étaient croissantes puisque nous notions une augmentation récente du nombre d’associations adhérentes.

Différents chantiers de nature participative ont étés menés afin de gérer au mieux cette restriction au niveau des financements et de continuer de répondre aux besoins sur le terrain.

 

Cette démarche bien qu’intensive, s’est montrée fructueuse puisqu’elle a abouti à l’adoption du co-financement obligatoire dans les projets de développement. Cela a permis un meilleur équilibre dans le financement et la réalisation des projets, que ce soit pour les grandes ou petites ONG.

 

De plus, nous avons aussi réussi à redéfinir le rôle que la fédération était amenée à jouer dans sa présence publique. En effet, nous avons recentré notre rôle autour d’une démarche visant à faire avancer la réflexion, et ce sans pour autant forcément prendre position, dans l’optique d’avoir une démarche représentative de l’ensemble des parties. Cela contribue à une plus grande ouverture de la fédération.

Je me réjouis également de la levée du moratoire d’adhésion qui a permis à la fédération de s’ouvrir à de nouveaux acteurs.

 

 

 

@SeCoDev, Service Cooperation au Développement en Afrique, en Amérique Latine et en Asie